La dépouille mortelle du saint le plus aimé d'Italie est exposée au public à partir du 24 avril à San Giovanni Rotondo, au nord des Pouilles. La cérémonie ne plaît pas à tous les catholiques. Vos commentaires, fervents de la confession....
A droite en entrant dans le sanctuaire, un Padre Pio de bronze attend les pèlerins. Tous marquent l'arrêt devant la statue grandeur nature, se figent en prières marmonnées, puis effleurent du bout des doigts la main tendue, dont le métal est décoloré à force de dévotes caresses. Encore quelques pas, une volée de marches à descendre, et voici la crypte où le moine capucin a été enterré à sa mort, le 23 septembre 1968. Ce n'est pourtant pas sur sa tombe qu'on va se recueillir désormais, et pour plusieurs mois, mais devant le "vrai" Padre Pio. http://www.mondepub.fr/internet.phphttp://www.mondepub.fr/internet.php Ainsi en ont décidé les frères capucins qui gèrent le sanctuaire de San Giovanni Rotondo, dans le nord des Pouilles : la dépouille du saint, exhumée dans la nuit du 2 au 3 mars, "sera exposée à la vénération publique", au moins jusqu'en novembre. L'événement est de taille. La "réapparition" du saint le plus aimé d'Italie grossira encore les flux qui convergent vers cette petite ville de 27 000 habitants, un lieu de pèlerinage plus fréquenté que Lourdes avec 7 à 8 millions de visiteurs par an. Déjà 750 000 réservations sont parvenues au centre d'accueil. De Sicile surtout, du Mezzogiorno, mais aussi de l'étranger, en particulier d'Amérique du Nord. "C'est complet jusqu'en juin", fait-on savoir au couvent des frères capucins. Ceux qui n'ont pas retenu leurs billets pourront aussi passer devant le corps de Padre Pio, tous les jours de 8 heures à 20 heures, mais au prix de longues files d'attente. Plus de 15 000 personnes étaient attendues, jeudi 24 avril, pour l'ouverture officielle du pèlerinage. Après une messe, célébrée sur le parvis de l'église bâtie en 2000 par l'architecte Renzo Piano et entièrement financée par les dons des pèlerins, le défilé devait commencer en début d'après-midi devant la relique. "Au rythme de 600 personnes à l'heure, il faudra sans doute que l'église reste ouverte toute la nuit", calculait Giuseppe Mumolo, le commandant de la police municipale, à quelques heures de l'événement. Un dernier "coup de feu" avant la retraite pour ce vétéran qui a connu toutes les poussées de fièvre de San Giovanni Rotondo depuis les années 1960 : les obsèques du prêtre capucin, la visite de Jean Paul II en 1987, les cérémonies après la béatification en 1999, puis la canonisation en 2002, etc. Les métamorphoses de sa ville l'étonnent encore : "Le soir, avec les enseignes lumineuses des hôtels et des restaurants, on se croirait maintenant à Monte-Carlo", dit-il. D'autres osent la comparaison avec Las Vegas. Le développement et la prospérité de la cité, voilà sans doute le le plus concret de Padre Pio. San Giovanni Rotondo n'était qu'un bourg miséreux, au milieu d'un désert de rocailles, quand le jeune prêtre, natif de Pietrelcina, dans la région napolitaine, s'est installé au couvent. Deux ans plus tard, le 20 septembre 1918, "un personnage ayant les pieds et les mains ensanglantés" lui apparaît alors qu'il est en extase devant un crucifix. Les mains et les pieds, ainsi que le flanc du jeune prêtre, se mettent à saigner aux mêmes endroits que le corps du Christ. Dès le printemps 1919, les premiers pèlerins accourent pour voir "le frère aux stigmates". Leur flot ne s'interrompra plus. Les plaies du stigmatisé, en revanche, après avoir saigné en permanence pendant sa vie, se sont taries et elles ont disparu avec son dernier souffle. Aucune trace non plus à l'ouverture du cercueil, début mars : "Ses mains sont si lisses qu'elles semblent sortir de chez la manucure", s'est émerveillé Mgr Domenico D'Ambrosio, l'archevêque local. En fait, "l'état de conservation n'est pas parfait, en particulier la tête", précise Stefano Campanella, porte-parole des frères capucins.
Jusqu'au dernier moment, une équipe de spécialistes a prodigué les soins nécessaires pour "garantir la meilleure conservation des reliques". On a longuement débattu sur l'opportunité de couvrir le visage d'un masque de cire afin de ne pas choquer les âmes sensibles. Chacun a en mémoire la figure ronde et barbue de Padre Pio, dont la photo est épinglée dans la plupart des magasins, des restaurants et des foyers italiens. Pourquoi pervertir cette représentation, protestent certains ? L'écrivain Claudio Magris a violemment condamné dans le quotidien Il Corriere della Sera "le fétichisme superstitieux d'une exposition macabre". L'opération ne ravit pas tous les catholiques. Une association nommée Pro Padre Pio-L'homme de la souffrance considère qu'il s'agit "d'actes sacrilèges". Elle a porté plainte contre l'archevêque de San Giovanni Rotondo pour "violation de sépulture". Un Comité pour le maintien de Padre Pio dans sa tombe redoute le mauvais oeil : "Quelque chose de moche va se produire", prophétise-t-il dans un communiqué. Les opposants craignent aussi que l'opération soit le prélude à un déplacement de la sainte relique du sanctuaire d'origine vers l'église ultramoderne de Renzo Piano. Les moines ont démenti tout projet de transfert. Stefano Campanella rappelle que "l'origine du culte de la relique remonte aux premiers siècles de l'Eglise". Tout a été fait "dans les normes canoniques", précise-t-il, et avec l'autorisation du Vatican. La présence, jeudi à San Giovanni Rotondo, du cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, prouve qu'il est loin le temps où le Saint-Office envoyait à Padre Pio ses inspecteurs, des boeufs carottes version vaticane, chargés d'enquêter sur lui, de le surveiller jusqu'à placer des micros dans son confessionnal. Avant d'être en odeur de sainteté, ce moine barbu sentait le soufre. Trop populaire, trop ostentatoire. Son aura faisait de l'ombre. Dans les années 1930, on lui a interdit de dire la messe, de confesser et même de mettre les pieds dans le choeur d'une église. Au début des années 1960, un enquêteur concluait encore son rapport en invitant lesLe saint homme avait notamment prévu, et accepté, le raz-de-marée des marchands de bondieuseries qui assiègent aujourd'hui son sanctuaire. "Il faut bien qu'ils vivent", disait-il aux frères qui s'en plaignaient. Cartes postales, images pieuses, médaillons, porte-clés, statuettes, posters, services à café, casquettes et tee-shirts à son effigie : Padre Pio est un business. San Giovanni Rotondo s'en nourrit. La commune est un îlot de quasi plein emploi dans une région où le taux de chômage culmine à deux chiffres. Face au sanctuaire, l'hôpital fondé dans les années 1950 par Padre Pio, aujourd'hui géré par le Vatican, est le premier employeur de la ville, avec 2 500 salariés. De surcroît, il est réputé pour la qualité de ses soins : "Des patients viennent de l'étranger, et même du Nord de l'Italie", claironne fièrement Loredana, au bureau des entrées.
Pourtant, tout ne va pas bien à "Padre Pio City", la ville aux 140 hôtels. Les habitants ont cru au en 2000 ; ils s'en repentent aujourd'hui. Dans la perspective du Jubilé, ils ont investi aveuglément dans les structures d'hébergement, qui ont poussé comme des champignons. "La capacité hôtelière est passée d'un coup de 2 200 lits à plus de 8 000, explique Franco Fini, le responsable de l'association des hôteliers. Elle a presque quadruplé alors que le nombre de pèlerins n'augmente que de 10 % par an." Certains ont mis la clé sous la porte, la plupart souffrent. Nicola Canistro, propriétaire de l'Hôtel des plaines, regrette d'avoir doublé la capacité de son établissement : "Le Jubilé a été un flop, et nous en ressentons encore les effets, dit-il. La surcapacité a exacerbé la concurrence et fait naître une guerre des prix." Les visiteurs de Padre Pio ne restent généralement qu'une journée. Du grand parking des autocars au sanctuaire, et retour. "Nous n'avons rien fait pour faire fructifier ce tourisme religieux", déplore Paolo, le patron du bar des Ormes, en centre-ville. Pas de salle pour accueillir des congrès. Pas d'offre touristique complémentaire malgré les trésors archéologiques, culturels et sportifs de la région du Gargano. Alors, il faut s'en remettre à Padre Pio, encore et toujours. La médiatisation de l'exposition de son corps, pour le 40e anniversaire de sa mort, est "un coup de publicité bienvenu", concède Franco Fini. Les frères capucins rejettent les insinuations de leurs détracteurs qui dénoncent "une opération de marketing". Autour du sanctuaire de Sainte-Marie des Grâces, pourtant, un événement chasse l'autre. On ne rate pas une commémoration. En 2007, on a célébré le 20e anniversaire de la venue de Jean Paul II. Un pape chez Padre Pio, c'est un événement. Il y a quelques mois, Benoît XVI a promis de venir à son tour. Dans les hôtels, on attend confirmation. autorités à "sauver l'Eglise d'une sorte de fanatisme" : l'activité du futur saint s'en est trouvée de nouveau entravée.
ah mince ! je ne savais pas ca c'est a 70 km environ du village d'origine de ma famille { pietramelara }
ayant été voir plusieurs lieux de culte et leurs reliques, l'exposition religieuse ne me choque pas, par contre le fait qu'ils ne couvrent pas son visage de cire, risque certainement d'en choquer plus d'un
ah mince ! je ne savais pas ca c'est a 70 km environ du village d'origine de ma famille { pietramelara }
ayant été voir plusieurs lieux de culte et leurs reliques, l'exposition religieuse ne me choque pas, par contre le fait qu'ils ne couvrent pas son visage de cire, risque certainement d'en choquer plus d'un