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La vie en société > Politique > Liquidation du CDI et défense des acquis sociaux

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accordanoeudsLiquidation du CDI et défense des acquis sociaux
Posté le 04 Avril 2008 13h47:23 par accordanoeuds Accord Parfait Café ← de Paris (75 - Paris) - 4412 messages - 92 sujets lancés
On peut lire dans le figaro du 27 mars : " C'est suffisamment rare pour être siganlé : un député socialiste et un UMP ont planché ensemble "
G. Gorce PS et F. Lefebvre UMP ont remis ensemble un rapport sur l'évaluation des politiques d'emploi. Comme on peut s'en douter, il ne s'agit nullement de remettre en cause les contrats précaires pas plus que les suppressions de postes mais pour ce rapport de constater que les évaluations au "préalable" sont "rare et confidentielles ce qui conduit le Parlement à légiférer sans disposer des éléments essentiels à sa prise de décision "
S'agit-il, pour le PS et l'UMP de préparer en commun le projet de loi sur la "modernisation du marché du travail " transposant l'accord du 11 janvier dernier, soumis en première lecture à l'assemblée nationale pour adoption avant l'été .... et de liquider le CDI ?

Mais ce n'est pas tout. Le PS prépare un conseil national le 14 juin prochain pour adopter une nouvelle déclaration de principe.
Gérard Collomb déclare : "Ne soyons pas dans la défense systématique des acquis sociaux" et Pierre Moscovici de poursuivre : "L'allongement des durées de cotisation est inéluctable "

Bon, on voit que le PS se met en ordre de bataille pour soutenir l'action de Sarkozy et de ses ministres. Hollande a appelé à "peser sur les choix du président et de François Fillon (... ) et faire notre travail d'opposition crédible " Il propose " trois groupes de travail sur ce que nous savons être les sujets de l'après-municipale : d'abord les retraites et le financement de la protection sociale, ensuite la fonction publique et la réforme de l'état avec les conséquences sur les collectivités. Enfin la préparation de la présidence de l'Union Européenne "
Et G. Coullomb d'en rajouter une couche : il appelle à en finir " avec les discours manichéens et anticapitalistes du socialisme fossilisé "

Donc si je comprends bien .... si "le système capitaliste borne notre horizon" comme l'ont déclaré dans les années 90 Blair, Jospin et Schroder ; il est bien normal que le PS donne un p'tit coup de main au gouvernement Fillon qui s'enlise tout en attendant les élections de 2012.

D'ici là c'est tout le système social qui aura largement eu le temps d'être remis en cause avec le soutien du PS. Honte à ceux qui avancent masqués !
finutopique Posté le 04 Avril 2008 15h57:08 par finutopique ... Si les points de suspension pouvaient parler, ils pourraient en dire des choses et des choses!! ← de Tanger (Maroc) - 3295 messages - 126 sujets lancés
qui s'avancent sous un subtil stratagème
intéressant
dany57 Posté le 04 Avril 2008 18h26:51 par dany57 Je fais souvent ce rêve étrange et pénètrant..Eden, je pense à toi...Remets toi vite ← de Floodville (57 - Moselle) - 14427 messages - 40 sujets lancés
Et oui, mais dans un pays qui compte ausi peu de syndiqués surtout dans les secteurs privés....(car les fonctionnaires savent défendre leurs acquis et sont aussi plus syndicalisés avec des moyens de pression plus fort que dans le public), ceci et une conséquence du manque de mobilisation...

Tous ensemble .......pour garder ce que l'on a.......et les autres.....qu'ils se demerdent....Alors, plaignez vous, si vous croyez qu'une carte d'un syndicat est trop chère, que manifester ne sert à rien, vous serez manipulés sans rien y voir.
Bonne chance...
pouet-pouet Posté le 04 Avril 2008 19h23:56 par pouet-pouet a votre service ← de proutland (91 - Essonne) - 3022 messages - 94 sujets lancés
il se fais deja rare le cdi depuis plus de 10 ans veule faire comme en angleterre du cdd avec plusieur emploie a mie temps ;o)

mais une chose on essaye en france de faire comme intel et comme intel
c est pas en france la fable on na pas de petrole mais des idèes !! pouet pouet
accordanoeuds Posté le 05 Avril 2008 18h27:26 par accordanoeuds Accord Parfait Café ← de Paris (75 - Paris) - 4412 messages - 92 sujets lancés
dany57 a écrit :
Et oui, mais dans un pays qui compte ausi peu de syndiqués surtout dans les secteurs privés.....
Oui tu as raison, en ces temps la question de l'organisation est essentielle.
La pression est d'autant pus dure dans le privé que nous subissons le chantage à l'emploie. Ce qui n'est pas encore le cas dans le public ... mais ça arrivera à grands pas si les syndicats ne se sortent pas les doigts du cul
dany57 Posté le 27 Mai 2008 10h21:56 par dany57 Je fais souvent ce rêve étrange et pénètrant..Eden, je pense à toi...Remets toi vite ← de Floodville (57 - Moselle) - 14427 messages - 40 sujets lancés
accordanoeuds a écrit :
dany57 a écrit :
Et oui, mais dans un pays qui compte ausi peu de syndiqués surtout dans les secteurs privés.....
mais ça arrivera à grands pas si les syndicats ne sortent pas les doigts du cul
et voilà ce que celà fait


http://www.linternaute.com/humour/betisier/vos-meilleures-grimaces/c-est-mon-mari.shtml

après sa manif
makno Posté le 27 Mai 2008 19h48:21 par makno lorsque la consigne est infâme, la désobéïssance est un devoir ← de St Maur (94 - Val-de-Marne) - 3563 messages - 30 sujets lancés
Faire confiance aux syndicats ?

...vaste programme...
dany57 Posté le 27 Mai 2008 19h50:15 par dany57 Je fais souvent ce rêve étrange et pénètrant..Eden, je pense à toi...Remets toi vite ← de Floodville (57 - Moselle) - 14427 messages - 40 sujets lancés
makno a écrit :
Faire confiance aux syndicats ?

...vaste programme...
tu as l'air d'apprécier leurs simagrées
makno Posté le 27 Mai 2008 20h02:25 par makno lorsque la consigne est infâme, la désobéïssance est un devoir ← de St Maur (94 - Val-de-Marne) - 3563 messages - 30 sujets lancés
Tu sais, quand on connait un peu l'histoire de chacun, ainsi que leur glissement progressif du revendicatf vers la compromission...
Il est loin le temp du «pour un œil les deux yeux, pour une dent toute la gueule !»
accordanoeuds Posté le 28 Mai 2008 09h54:26 par accordanoeuds Accord Parfait Café ← de Paris (75 - Paris) - 4412 messages - 92 sujets lancés
makno a écrit :
Faire confiance aux syndicats ?

...vaste programme...
Je n'ai pas parlé de confiance aveugle. Ni même de confiance tout court.
L'organisation syndicale est un outil pour nous aider à lutter ensemble sur les mêmes revendications. La notion de mandat et de compte rendu de mandat doit être imposé par la base dans ces organisations pour des questions de démocratie évidente.
De tout façon, je pense que réduire l'action syndicale aux manipulations des directions de ces appareils c'est faire le jeu du patronat et du gouvernement.
Ils préfèrent avoir à faire à une classe ouvrière désorganisée où tous les rapports sont individualisés pour mieux casser les accords collectifs, code du travail, droit à la santé etc ... Jusqu'à présent je n'ai vu que les syndicats pour monter aux créneaux.
accordanoeuds Posté le 28 Mai 2008 10h27:14 par accordanoeuds Accord Parfait Café ← de Paris (75 - Paris) - 4412 messages - 92 sujets lancés
finutopique a écrit :
qui s'avancent sous un subtil stratagème
intéressant
Je vais essayer de m'expliquer.
Il n'y a pas de complot. La politique c'est très empirique.

Les appareils politiques et syndicaux sont incapables de prévoir comment les choses vont tourner. Ils font le même état des lieux que nous tous :
Approfondissement de la crise économique d'un système qui n'est pas en mesure de répondre aux besoins de l'immense majorité.
Approfondissement de la crise politique dans la mesure où tous, de droite comme ceux qui se disent de gauche, gèrent au coup par coup en assaillant de faire en sorte que la crise n'emporte pas le régime et ses institutions.
C'est pour ça que Sarkozy nous pond une constitution 5 bis 50 ans plus tard. C'est une manière de faire diversion.

Ces appareils dansent sur un volcan.
Plus la crise s'approfondit et s'intensifie, plus la question de la grève générale, pour le respect des revendications dans un premier temps, pourrait poser à terme la question du pouvoir. C'est ce que nous avons connu en 1968. Le PC l'avait d'ailleurs laissé vacant ce qui a permis à de Gaule (qui s'était enfui chez le général Massu ) de revenir à l'Elysée deux jours plus tard en hélicoptère.
Les appareils syndicaux ainsi que le PS et le PC le savent bien. Il suffit de très peu de chose pour que les évènements leur échappent. Ces appareils deviennent les allier objectifs de ceux qui réduisent nos droits et acquis tous les jours. Le gouvernement Fillon répond aux exigences de Bruxelles en proposant 55 mesures à l'assemblée. Ces mesures n'ont qu'un seul but : réduire le cout du travail, réduire la facture de l'état et des aides sociales.
Le maitre de nos maux c'est donc la réduction des déficits publics. Tant pi si des centaines de milliers de gens resteront sur le carreau. Pendant ce temps la gauche accompagne le mouvement en jouant les oppositionnels de service sans pour autant proposer d'alternatives. C'est bien normal, dans ce système pourrissant de la propriété privée des moyens de production il n'y a pas de sortie par le haut possible.

Au début du siècle les socialistes disaient : Socialisme ou barbarie.
Ben en ce moment nous connaissons une marche à la barbarie qui touche non seulement les pays que nos gouvernements successifs ont largement contribué à sous développer, mais cette barbarie frappe aux portes de l'Europe. Dans ce bordel généralisé par les marchés financiers qui dés-industrialisent le continent avec l'aide de l'Union Européenne, comment faire pour résister ?
Je pense que c'est une question de survie pour des millions de gens.
makno Posté le 28 Mai 2008 10h55:52 par makno lorsque la consigne est infâme, la désobéïssance est un devoir ← de St Maur (94 - Val-de-Marne) - 3563 messages - 30 sujets lancés
accordanoeuds a écrit :
...dans ce système pourrissant de la propriété privée des moyens de production il n'y a pas de sortie par le haut possible....
Si ! La dictature.
Celle-ci peut prendre tout une game de visages. Celle qui se profile sera "démocratique". C'est pour cette raison que le nabot élyséen veut tant changer la constitution.
Parce qu'il a la prétention de nous faire ramper, du haut de sa morgue et de son mépris.

De tous temps les "riches" (ceux qui ont la prétention d'être des décideurs) ont tenter de juguler nos revendications. Par la répréssion dans un premier temp. Puis par la loi (la leur) qu'ils concoctent dans un vocabulaire qui nous éloigne de notre réalité.
C'est le prix de la "paix sociale". Expression qui maquille le rapport de lutte des classes en vidant de leurs substances nos aspirations légitimes vers plus de justice sociale, vers plus de liberté.
accordanoeuds Posté le 30 Mai 2008 10h34:13 par accordanoeuds Accord Parfait Café ← de Paris (75 - Paris) - 4412 messages - 92 sujets lancés
makno a écrit :
accordanoeuds a écrit :
...dans ce système pourrissant de la propriété privée des moyens de production il n'y a pas de sortie par le haut possible....
Si ! La dictature.
J'avais dit par le haut .... Makno !

La bourgeoisie (c'est à dire les grands patrons ) décide de mettre en place une dictature lorsque la situation lui échappe complètement et que cette situation que l'on appelle pré-révolutionnaire ( grève générale, économie parallèle, arrêt de la production industrielle, remise en cause du pouvoir par une large masse en mouvement etc ... ) cristallise toutes ses revendications contre le système soutenu à bout de bras par le gouvernement en place.
Lorsque les intérêts de la bourgeoisie sont menacés, elle décide, avec tous les moyens modernes que lui confère l'état, de mettre en place une dictature. Mais elle ne le décide pas à la légère. La démocratie permet de faire plus de profit et les dictateurs ne sont pas toujours simple à gérer.

L'un des plus beau exemple c'est le Chili à l'époque de Salvador Aliendé (1973). Il avait comme ministre des armées dans son gouvernement le général Pinochet qui le fit exécuté dans son bureau.
Aliendé était coincé, soit il acceptait que les conseils d'ouvriers et de paysans siègent dans un gouvernement de type soviétique. Ca aurait été le début de la révolution victorieuse en Amérique du sud. Soit il faisait désarmer les milices populaires. Tout socialiste qu'il était, Il a choisi la deuxième solution ce qui donna le coup d'envoi du coup d'état par l'armée chilienne aidée de la CIA.
makno Posté le 30 Mai 2008 22h01:11 par makno lorsque la consigne est infâme, la désobéïssance est un devoir ← de St Maur (94 - Val-de-Marne) - 3563 messages - 30 sujets lancés
Les scenarii pour instaurer une dictature ne diffèrent que parce que les circonstances ne sont pas identiques.
Si nous regardons l'avènement de mussolini, hitler, franco,... le peuple n'est pas forcement dans la rue à chaque fois.
Mais à chaque fois, le dictateur s'appuis sur une partie de la bourgeoisie, et terrorise l'autre.
Si j'ai pris des exemples européen, c'est parce qu'en ce qui concerne surtout l'amérique latine, ce sont les usa qui ont apporté le plus grand soutient (parfois même logistique) afin que les coups d'État puissent s'opérer. Ensuite, la présence militaire rassure la bourgeoisie, et nous entrons alors dans une période dite de normalisation. Des civils sont nommés à des postes d'importance secondaire. Toute la population est contrainte (par la force) d'accepter des conditions de vie lamentables. Les droits civiques sont remplacés par une loi martiale qui ne trouve son assentiment uniquement que chez les possedants.
Le plus ignoble arbitraire règne.

À quelques variantes près, une dictature reste ce qu'elle est : l'assujetissement et le contrôle. (tient ! ça me rappelle une histoire de caméra...)
accordanoeuds Posté le 31 Mai 2008 11h55:45 par accordanoeuds Accord Parfait Café ← de Paris (75 - Paris) - 4412 messages - 92 sujets lancés
makno a écrit :

Si nous regardons l'avènement de mussolini, hitler, franco,... le peuple n'est pas forcement dans la rue à chaque fois.
Lorsqu'Hitler prend le pouvoir en 1933, il le fait dans une période de crise qui dure depuis la fin de la première guerre mondiale. KPD, SPD, NSDAP, et les ligues nationalistes n'arrètent pas de se battre dans les rues. C'est la république de Weimar. Les combats de rue se font à coups de fusils, et autres armes qui font beaucoup de morts dans tous les camps. Sous le poids du traité de Versailles l'Allemagne est en pleine ébullition révolutionnaire. La bourgeoisie à du mal à choisir entre le NSDAP de Hitler et les ligues nationalistes revanchardes qui veulent en découdre.
Il y a eu des tentatives de putsch : 1920 le putsch de Kapp et 1923 celui d'Hitler qui le mena en prison. A cette époque le peuple est non seulement dans la rue mais la révolution en Allemagne n'est pas encore défaite. A partir de 1929, date de l'effondrement des bourses mondiales, les Etats Unis ne peuvent plus avancer les fonds qui permet à l'Allemagne de payer le traité de Versailles à la France et à l'Angleterre. Ce qui plonge l'Allemagne dans une crise économique qui rend force encore plus les tentions. A ce moment, la bourgeoisie allemande décide de soutenir Hitler en faisant pression sur Hindenbourg :
On peut lire dans Wiki :
" Nazis et communistes s’affrontent dans les rues : le gouvernement est dépassé par la situation. Au second tour de l’élection présidentielle (10 avril 1932), Paul von Hindenburg, héros de la guerre de 1870 (il avait fait prisonnier Napoléon III à Sedan) et de la Première Guerre mondiale, bat Adolf Hitler qui réalise tout de même 13 millions de voix contre 39 millions au vieux maréchal, conservateur, mais ayant bénéficié du report des voix des socialistes. Aux élections législatives anticipées du 31 juillet 1932, les nazis obtiennent une majorité relative, le Parti compte 1,4 million d’adhérents. Hindenburg veut nommer Adolf Hitler chancelier. Ce dernier refuse, car il n’est pas encore en position de force. Hindenburg dissout alors le Reichstag, et aux élections du 6 novembre 1932, il y a un léger recul des nazis, mais le patronat se met à voter pour eux pour faire échec aux communistes, qui ne peuvent s’allier aux socialistes sur ordre de Staline qui prône encore la tactique « classe contre classe ».

La fin de la démocratie

Hitler accepte le poste de chancelier le 30 janvier 1933, à condition de procéder à de nouvelles élections. Dès le 4 février 1933, certains journaux socialistes et communistes sont interdits. Le 27 février 1933, le bâtiment du Reichstag est incendié par un chômeur communiste néerlandais, peut-être manipulé. Le lendemain, un décret présidentiel, le Reichstagsbrandverordnung, restreint les libertés individuelles. "

Et pour Franco le peuple n'était non seulement dans la rue mais il avait pris les armes après son prononciamento.

Donc en conclusion : La dictature est chaque fois appelé par la bourgeoisie pour mater une montée révolutionnaire. Si non elle n'a aucun intérêt à mettre en place une dictature qui la gênerait. Par intérêt purement financier elle préfère la démocratie à la dictature. C'est lorsque que la classe ouvrière décide de changer de système que la bourgeoisie sort son joker : la répression politique et syndicale.
makno Posté le 01 Juin 2008 08h49:35 par makno lorsque la consigne est infâme, la désobéïssance est un devoir ← de St Maur (94 - Val-de-Marne) - 3563 messages - 30 sujets lancés
accordanoeuds a écrit :
...Donc en conclusion : La dictature est chaque fois appelé par la bourgeoisie pour mater une montée révolutionnaire. Si non elle n'a aucun intérêt à mettre en place une dictature qui la gênerait. Par intérêt purement financier elle préfère la démocratie à la dictature. C'est lorsque que la classe ouvrière décide de changer de système que la bourgeoisie sort son joker : la répression politique et syndicale.
Nous sommes bien d'accord là dessus : «La dictature est chaque fois appelé par la bourgeoisie pour mater une montée révolutionnaire.» Mais il y a des variantes.
Lorsque je disais : «...le peuple n'est pas forcement dans la rue...», je regardais plus en direction de l'Italie, et l'avènement de la barbarie mussoliniènne.
On peut dire que la bourgeoisie avait anticipé le mouvement social. Ou plus exactement le financement du mouvement avait commencé bien avant l'arrivée au pouvoir du dictateur :

[Parce que des agitations populaires secouaient les rapports sociaux, le gouvernement italien ( opotant dans un premier temps pour la neutralité ) s'engage dans le premier conflit mondial -1er aout 1914- sous l'impultion des factions nationalistes rassemblées autour de mussolini.]

La question sociale n'était pas d'une stabilité rassurante pour les possedants. Aux élections législative d'octobre 1919, la "gauche" et les "chrétiens" sont à quasi égalité au parlement. Des menaces de grèves générales et d'occupations d'usines planent sur les centres industriels de la plaine du Pô.
La haute bourgeoisie, la plus rétive à la passassion de pouvoir, accorde son soutient financier aux factions nationalistes -1920-, et la "marche sur Rome" voit mussolini entrer en vainqueur dans la capitale -1922- à la suite d'une succession de gouvernements innopérants où s'affrontent une "gauche" essouflée (certains radicaux entrant dans la 3ème internationale - fondation du parti communiste italien : janvier 1921-) et une extrème droite belliqueuse (évidemment).

En ce qui concerne la situation italienne, s'il y avait effectivement des revendications sociales, celles-ci étaient accompagnées en parrallèle par la constitution des «faisceaux» (la milice fasciste) grace aux financements de la bourgeoisie qui, pour une fois, a anticipé sur la poussée revendicative.
makno Posté le 01 Juin 2008 08h59:32 par makno lorsque la consigne est infâme, la désobéïssance est un devoir ← de St Maur (94 - Val-de-Marne) - 3563 messages - 30 sujets lancés
Mais nous pourrions étudier aussi l'arrivée au pouvoir de primo de rivera en Espagne, à peu près à la même période. Là encore, la question sociale n'avait pas une virulence décisive à l'échelle de la pénisule.
accordanoeuds Posté le 02 Juin 2008 10h59:14 par accordanoeuds Accord Parfait Café ← de Paris (75 - Paris) - 4412 messages - 92 sujets lancés
Pour ce qui est de l'Italie de l'entre deux guerres, c'est donc aussi en réponse à cette monté révolutionnaire que Mussolini marcha sur Rome aidé de ses faisceaux et par une bourgeoisie qui craignait avant tout pour ses intérêts particuliers.
Même chose qu'en Allemagne en somme. Seule les situations historiques de ces pays diffèrent. ( et dix fers ... c'est beaucoup )

Pour ce qui est de la situation de la lutte de classes dans l'Espagne de Primo de Rivéra ... Ben va falloir que je révise un peu
J'ai rien sous la main là ...

On peut lire dans wiki : " Primo de Rivera donnait une image paysanne et paternaliste, tout en tenant un discours antisystème très en vogue à l'époque, en qualifiant les politiques de corrompus et en envoyant à la population des messages simples qui laissaient penser à une résolution facile des problèmes avec des recettes domestiques à la portée de tous. "

Bon c'est Wiki ... d'accord !
Mais en même temps ça nous éclaire un peu sur la situation et surtout ça permet de mieux comprendre comment des idées pourries sont distillées dans les populations européennes de l'époque. L'Espagne de l'époque était beaucoup plus paysanne qu'industrielle. La plus part des pays européens y succomberons d'une manière ou d'une autre.
Et la " recette domestique " que proposent tous ces dictateurs c'est quoi ? Ben c'est nier avant tout qu'il y a deux classes qui s'affrontent.
La France de Pétain n'en réchappera pas. La révolution nationale et le "corporatisme" qui est l'un de ses piliers idéologiques c'est l'alliance du capital et du travail pour " le bien commun de la nation ". En fait nier les intérêts antagonistes et parfois vitaux qui font s'affronter exploiteurs et exploités.
Et tout ça bien sur en pleine crise économique générée par la bourgeoisie elle même.
Sauf que bon ... les exploités ne veulent pas payer la note de ces quelques marchés financiers coupés des réalités humaines. Chaque fois c'est dans les acquis ouvriers que ces gouvernements taillent au nom " des intérêts suprêmes de la nation".

Inévitablement ça nous renvoie à aujourd'hui. Pourquoi devrions nous nous résigner a accepter la réduction de nos conditions de vie ?
Au nom de la libre concurrence qui serait le seul moteur de la modernisation des rapports sociaux dans la production ?
Patrons et ouvriers auraient-ils les mêmes intérêts ?
Ca franchement ... ça sent la vieille soupe qu'on nous ressert depuis l'entre deux guerres et qui a généré plus de dictateurs et autres sauveurs suprêmes que de démocrates sincères.
Sarko, Berlusconi, si vous m'lisez ....

Mais le pire c'est que cette idée est ouvertement défendue à la tête des institutions européennes depuis le traité de Maastrischt. Et ça je pense que c'est plus grave.
La manière semble plus douce. Ca s'appelle la cogestion et l'intégration des appareils syndicaux et politiques pour éviter les affrontements. On s'assoit tous autour d'une table pour négocier la destruction de près d'un siècle d'acquis sociaux. C'est une forme de corporatisme nouveau.
makno Posté le 02 Juin 2008 22h00:25 par makno lorsque la consigne est infâme, la désobéïssance est un devoir ← de St Maur (94 - Val-de-Marne) - 3563 messages - 30 sujets lancés
makno a écrit :
Si ! La dictature..//...
Celle-ci peut prendre toute une game de visages. Celle qui se profile sera "démocratique". C'est pour cette raison que le nabot élyséen veut tant changer la constitution....
Là, j'ai bon ? ? ?


accordanoeuds Posté le 02 Juin 2008 23h24:46 par accordanoeuds Accord Parfait Café ← de Paris (75 - Paris) - 4412 messages - 92 sujets lancés
Une dictature démocratique Makno ... t'as pété un plombage ?
makno Posté le 16 Juin 2008 01h31:12 par makno lorsque la consigne est infâme, la désobéïssance est un devoir ← de St Maur (94 - Val-de-Marne) - 3563 messages - 30 sujets lancés
makno a écrit :
...Celle qui se profile sera "démocratique". C'est pour cette raison que le nabot élyséen veut tant changer la constitution....
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